Disque de Phaistos

La mystérieuse tablette de Phaistos enfin décryptée ?

Disc phaistos
Illustration : Aserakov

Un mystérieux disque antique dont la signification échappait aux spécialistes depuis près d’un siècle pourrait bien avoir livré son secret. Deux experts britanniques sont en effet arrivés à la conclusion que les symboles inscrits sur la tablette reproduisent une prière minoenne.
Depuis sa découverte en 1908, sous le plancher d’un palais minoen (1700 avant J-C) dans l’ancienne ville de Phaistos (Crète), cette étrange tablette n’a eu de cesse d’interroger les chercheurs. Cela fait en effet près d’un siècle que différents spécialistes tentent, en vain, de déchiffrer les 241 caractères inscrits sur les deux facettes de ce disque d’argile mesurant 17 cm de diamètre.
Si les chercheurs n’ont pu effectuer une datation au carbone 14 du fait de l’absence de matières organiques, ils ont néanmoins estimé son ancienneté à au moins 3700 ans, ce qui correspond à la deuxième partie de l’âge de bronze minoen.
Le mystère enfin résolu ?
Après avoir étudié pendant près de six ans ce qu’ils appellent « le premier CD-ROM minoen », Gareth Owens, chercheur en linguistique à l’Institut d’enseignement technologique, et John Coleman, professeur de phonétique à Oxford, seraient finalement parvenus à percer le secret qui se cache derrière cette fameuse tablette. Lors d’une conférence donnée en octobre, les deux linguistes ont en effet annoncé avoir découvert qu’il s’agissait en réalité d’un texte de prière adressée à la déesse mère, la divinité principale de cette civilisation.

« En comparant des signes hiéroglyphiques crétois découverts sur des sceaux ou sur les doubles haches d’Arkalochori (IIe millénaire avant J.-C.) mis au jour en 1934, avec ceux du linéaire A, puis du linéaire B (Ndlr: systèmes d’écriture de la Crète ancienne), nous sommes parvenus à “lire” I-QE-KU-RJA à trois reprises », a expliqué Gareth Owens, relayé par le site Sciences et Avenir. Selon les deux experts, ce mot pourrait signifier «mère enceinte» et/ou « déesse ».
« L’existence de la déesse mère était supposée depuis un siècle par ce que nous savons de la religion minoenne, encore fallait-il le prouver dans les textes. C’est désormais chose faite.», a-t-il ajouté.
Cette découverte permettrait, toujours selon Gareth Owens, de pouvoir traduire près de 90% du texte inscrit sur l’une des faces du disque. Néanmoins, il est important de garder à l’esprit que même s’il s’agit probablement de l’interprétation la plus convaincante à ce jour, elle ne repose que sur des comparaisons de formes et reste donc incertaine.
Sources: SciencesetAvenir – Huffingtonpost
Par Maxime Feutry

Source : sciencepost.fr, le 2 décembre 2014

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